Vue de profil d’une poitrine – chirurgie mammaire

Reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire

Reconstruction mammaire après un cancer du sein – Dr Jean-Luc Jauffret, Marseille
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La reconstruction aréolo-mamelonnaire, dernière étape de la reconstruction mammaire : recréer l’aréole et le mamelon.

PRÉSENTATION

L’intervention chirurgicale a pour but de reconstituer la plage colorée de l’aréole ainsi qu’un relief central pour le mamelon. Lorsqu’une mastectomie est nécessaire, elle doit emporter le complexe aréolo-mamelonaire qui est l’abouchement de tous les canaux de la glande mammaire. Après avoir effectué la reconstruction du volume du sein, il est légitime de proposer la reconstruction de la plaque aréolo-mamelonaire afin de restaurer la totalité du symbole de la féminité.

La reconstruction aréolaire n’est jamais obligatoire. Certaines femmes se satisfont de la reconstruction d’un volume. La reconstruction de l’aréole reste un choix personnel. Cette reconstruction simple permet cependant de mieux intégrer la reconstruction dans son schéma psychologique personnel.

DÉROULEMENT DE L’INTERVENTION

L’opération peut être réalisée lorsque le volume de la reconstruction est considéré comme stabilisé.

Il existe plusieurs techniques de reconstruction de l’aréole :

• La greffe cutanée : Le plus souvent, le prélèvement est fait au pli de l’aine. D’autres sites de prélèvement sont possibles : moitié périphérique de l’aréole opposée si elle est vraiment très large, en arrière de l’oreille ou sur la paupière supérieure.
• Le tatouage : qui consiste à introduire dans le derme un pigment stérile.

Il existe également plusieurs techniques pour reconstruire le mamelon :

• La greffe controlatérale : C’est la technique de choix si le mamelon est suffisamment généreux. Elle ne laisse quasiment pas de trace, ne change pas la sensibilité et donne le meilleur résultat.
• Les lambeaux locaux : Taillés sur la cicatrice de mastectomie ou en pleine peau mais il est alors préférable de dissimuler la cicatrice de prélèvement en reconstruisant l’aréole par une greffe cutanée.
• La greffe cutanée : Il est possible d’utiliser un fragment de lobule d’oreille, une partie de la cicatrice de mastectomie ou le bord libre de la petite lèvre.

Type d’anesthésie : Il s’agit le plus souvent d’une anesthésie locale simple sauf geste associé nécessitant une anesthésie générale. Une potentialisation peut être proposée chez les patientes inquiètes.

Modalités d’hospitalisation : en général il s’agit d’une intervention en ambulatoire sauf en cas de geste associé qui nécessite quelques jours d’hospitalisation.

Durée d’intervention : L’intervention dure en général une demi-heure.

Avant l’intervention : consultation d’anesthésie (obligatoire en cas d’anesthésie potentialisée ou de geste associé nécessitant une anesthésie générale). Aucun médicament contenant de l’Aspirine ne devra être pris dans les 10 jours précédant l’intervention.

SUITES OPÉRATOIRES ET RÉCUPÉRATION

Les suites opératoires sont simples et ne nécessitent pas obligatoirement d’interruption de travail. En cas de greffe, un bourdonnet (petit bloc de compresses grasses) est cousu sur la peau pour appliquer la greffe.
On procède à son ablation au bout d’une semaine. Au niveau du pli de l’aine, il convient de tenir la plaie propre et de la sécher avec de l’éosine. Il faut éviter les efforts et les sous-vêtements serrés.
Au premier pansement, les greffes ont un aspect parfois très blanc, puis évoluent vers le violacé. Cet aspect va évoluer dans les semaines suivantes.
Les fils de suture seront retirés au 21e jour.
On conseille d’attendre la cicatrisation avant de mouiller la greffe (douches prudentes).

RISQUES ET COMPLICATIONS

Les complications de la reconstruction aréolaire sont rarissimes.

Complications de l’intervention

• Complication d’anesthésie en cas d’anesthésie générale
• Hématome ou infection sous la greffe pouvant aboutir à l’échec de la greffe et même à l’exposition d’une prothèse sous-jacente
• Hématome ou infection au site donneur pouvant aboutir à une désunion cicatricielle qui allonge le temps de cicatrisation.
• Cicatrisation pathologique (hypertrophique ou chéloïde)

Imperfection de résultat :
Il est malheureusement impossible de reconstituer une aréole parfaite. Il existe souvent une différence de forme, de couleur et de taille. L’aréole ne se contracte pas. La sensibilité érotique n’existe pas. La couleur de l’aréole s’estompe généralement avec le temps en cas de tatouage ou de greffe. Un renouvellement du tatouage reste toujours possible.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Lorsque le volume du sein reconstruit est stabilisé et que la symétrie entre les deux seins est acquise.

Le plus souvent une anesthésie locale simple, en ambulatoire. L’intervention dure environ une demi-heure.

L’aréole peut être reconstruite par une greffe de peau, prélevée le plus souvent au pli de l’aine, ou par un tatouage. Le choix dépend de l’aréole opposée et de votre préférence.

Par une greffe d’une partie du mamelon opposé lorsqu’il est assez généreux (c’est la technique qui donne le meilleur résultat), ou par un petit lambeau local.

Pas obligatoirement : les suites sont simples. Le pansement cousu sur la greffe est retiré au bout d’une semaine.

EN CONCLUSION

La reconstruction aréolaire est le dernier temps de la reconstruction mammaire. Cette étape est importante car elle permet de « transformer un volume en un sein reconstruit ». Elle doit être réalisée lorsqu’un résultat correct a pu être obtenu sur la forme et sur le volume des 2 seins.

Il s’agit de techniques simples qui donnent un bon résultat cosmétique mais dont l’évolution à long terme se fait souvent vers l’éclaircissement qui peut justifier une repigmentation par tatouage au bout de quelques années.